Sorcellerie en Afrique

 DRAGOSS

 

Abdoul Dragoss Ouedraogo

Anthropologue.Cinéaste Réalisateur. Universitaire

 

Enseigne l'Anthropologie Visuelle (Université de Bordeaux 2 Victor Segalen) et l'Interculturalité (Université de Bordeaux 3 Michel de Montaigne)
Revue Ecrans d'Afrique/African Screens (Ouagadougou/Milan) et Rédacteur dans CinémAction (Paris)
Professeur  en visite Carleton College Northfield Minnesota Etats-Unis.  
Membre de la Guilde Africaine des Réalisateurs et Producteurs.Nombreux Films dont "Den baya" (L'amour maternel), 1992 prix meilleur court métrage à la 44è Mostra Internationale Montecatini et-« Martyrs oubliés,Tirailleurs en campagne ».2006

LE MASQUE AU CŒUR DES RITES FUNÉRAIRES EN AFRIQUE

« CELUI QUI NE MEURT JAMAIS » de Dominique faget

A travers ce roman fantastique, Dominique Faget revisite le lien entre les cosmogonies africaines et celles de l’Égypte ancienne puisant aux mêmes racines gnoséologiques sur les rites funéraires.

La romancière  nous entraîne sur   le parcours sinueux du personnage principal, un Égyptien, en errance sur les côtes orientales de l’Afrique et  confronté au cruel dilemme d’accéder à la vie éternelle après la mort.

Un notable africain lui révèle que le masque va servir de réceptacle de son esprit.

Le masque au cœur des rites funéraires constitue le socle de la médiation entre les vivants et les esprits des défunts. Ainsi chez les Dogon, les membres de la société AWA exécutent des pas de danses rituelles sur le toit de la maison du  défunt pour conduire son âme (le NYAMA) à son repos éternel. Les cérémonies ont pour objectif essentiel de solliciter la clémence des morts dans leur voyage pour rejoindre les ancêtres auxquels les vivants sollicitent une protection contre les turbulences éventuels. En somme,  pour les Dogon comme chez maintes autres sociétés africaines, ces rituels permettent de gérer la mémoire des morts au sein des communautés, mais d’accéder aussi à des énergies vitales tout en célébrant le cycle ininterrompu de la vie éternelle par la réincarnation des défunts.

Le masque sculpté au sein des sociétés initiatiques remplit ses fonctions sociales  en symbiose avec le corps d’un danseur qui lui donne vie et parole à travers ses mouvements.

Dominique Faget nous rappelle fortement la permanence des croyances qui entourent la gestion de la mort dans nos sociétés africaines contemporaines  en convulsions et en pleine mutation sous la férule des tensions et des crises multidimensionnelles. La  quête de la quiétude et de l’équilibre devient un champ de négociation où s’incrustent des marchands d’illusions, des sorciers des temps modernes et des charlatans faisant commerce des rites initiatiques à des fins mercantiles et maléfiques.

Dragoss Ouedraogo (Anthropologue.Cinéaste Réalisateur)

 

Aucun commentaire pour l'instant

Aucun trackback pour l'instant